
Le système énergétique traverse une transformation profonde, souvent résumée par les 3D (voire 4D) :
- Décarbonation : réduction des émissions via renouvelables, électrification des usages, gaz verts.
- Décentralisation : passage d’un modèle centralisé à un modèle avec des milliers de points de production.
- Digitalisation : capteurs, données massives, IA, automatisation.
- Démocratisation (parfois ajoutée) : le consommateur devient acteur (prosumer).
Le réseau évolue progressivement vers un système énergétique intégré, où les différents vecteurs interagissent avec, comme enjeux majeurs, la résilience face aux aléas climatiques, la cybersécurité, l’acceptabilité sociétale, la maîtrise des coûts ou l’interconnexion des réseaux (électricité / gaz / eau / thermique).
Smart gas grids
Les réseaux de gaz deviennent eux aussi « intelligents », notamment avec l’instrumentation des postes, le comptage et la télérelève, la supervision centralisée, la modélisation hydraulique temps réel. Les enjeux spécifiques sont multiples, notamment avec la croissance des nouveaux gaz et leurs propriétés différentes :
Adaptation à de nouveaux gaz (biométhane, hydrogène ou mélanges H₂/CH₄)
Sécurité et détection de fuites
Pilotage de la pression et des débits
Gestion de l’injection décentralisée (biogaz)
Le réseau gaz joue également un rôle croissant de stockage d’énergie indirect via le power-to-gas. Pour les postes d’injection gaz, les smart grids participent à l’injection du gaz (naturel ou biométhane), la régulation de pression, le comptage, l’odorisation, ainsi que les fonctions de sécurité.
Par ailleurs, avec le biométhane, on voit apparaître de nombreux petits points d’injection décentralisés, ce qui complexifie l’exploitation avec :
Flux bidirectionnels possibles
Variabilité de qualité
Besoin de supervision fine
Smart electrical grids
Dans l’électricité, les smart grids répondent à plusieurs mutations majeures telles que la forte montée des énergies renouvelables intermittentes (solaire, éolien), le développement de la production décentralisée (autoconsommation, micro-réseaux), les nouveaux usages (véhicules électriques, pompes à chaleur), le besoin accru de flexibilité et de résilience. Pour répondre à ces transformations, l’infrastructure intelligente repose sur :
Capteurs et automatismes (IED, RTU, SCADA)
Compteurs communicants
Téléconduite des postes et réseaux
Prévision production / consommation
Pilotage de la demande
Stockage (batteries, STEP, V2G)
Ces technologies ont pour objectifs principaux d’assurer :
Équilibrage temps réel offre / demande
Optimisation des flux
Amélioration de la qualité de fourniture
Réduction des pertes
Intégration massive des ENR
Smart water grids
Pour l’eau potable et l’assainissement, les smart grids visent principalement la réduction des fuites (qui peuvent représenter 15 à 30 % des volumes, voire davantage dans certains pays), l’optimisation énergétique du pompage, le suivi de la qualité de l’eau, la gestion de la pression
L’infrastructure intelligente repose sur :
Capteurs de débit, de pression et de qualité
Télégestion des stations
Sectorisation des réseaux
Analyse de données pour la maintenance prédictive
Pour les postes eau (stations de pompage, réservoirs, unités de traitement), les smart grids contribuent à la mise en pression, le stockage, le traitement, la distribution. Leur pilotage intelligent vise à :
Lisser la consommation électrique
Garantir la continuité de service
Optimiser les coûts énergétiques
